LA TRIBUNE, par Vie Féminine
À Vie Féminine, nous rappelons que les violences économiques sont aussi et avant tout le fait d’institutions et d’un système structurellement défavorable aux femmes. Dès lors qu’on les définit par leur visée à limiter l’autonomie économique de la victime et à la rendre dépendante, on peut envisager plusieurs réformes majeures de l’Arizona comme des atteintes aux droits des femmes.
En mai 2025, la réforme des médias de proximité proposée par la ministre Jacqueline Galant (MR) annonce une reconfiguration profonde du paysage audiovisuel local. Réduction du nombre de télévisions, baisse des financements publics, incitation à la privatisation : l’esprit des télés locales est mis à l’épreuve. Derrière ces mesures, c’est une certaine idée du média libre qui vacille. Pour en comprendre les enjeux, il faut revenir à leur genèse. Toute institution porte en elle les traces de son désir fondateur – sa phase instituante. La revisiter permet d’envisager l’avenir des médias libres comme outils d’émancipation, de lien social et de démocratie culturelle.
Fusion IPM-Rossel, réforme des médias de proximité, pression d’un président de parti sur des journalistes, révélations de la VRT sur l’utilisation massive de l’IA dans les magazines du groupe Venture Media... Ces derniers mois voient s’enchainer des nouvelles alarmantes pour la presse en Belgique, en matière d’emploi, mais aussi d’indépendance des journalistes et de pluralisme des médias. Décryptage de cette tempête médiatique – qui est aussi un enjeu démocratique majeur – avec Sarah Freres (Présidente de l’Association des journalistes professionnels – AJP- et journaliste pour le magazine Imagine), Ricardo Gutiérrez (Secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, FEJ) et Jean-Jacques Jespers (journaliste, professeur à l’ULB en déontologie de l’information et de la communication), trois voix qui défendent ce bien public – l’information –, la liberté de la presse et le pluralisme des médias, dans les arènes syndicales, académiques et médiatiques.
Les Déclarations de politique régionale et communautaire promulguent «l’interdiction de dévoyer de l’argent public dans la promotion de partis politiques», voire du militantisme associatif. En évoquant l’utilisation de l’argent public par les partis eux-mêmes et des exemples de dévoiement qui ne sont pas d’office poursuivis, nous sommes amené à reformuler cette question du rapport qu’entretiennent les associations d’éducation permanente avec le militantisme en évoquant l’utilisation d’argent public à d’autres fins que les missions décrétales définies par les pouvoirs publics et acceptées par les associations agréées1.
(c) Bénédicte Moyersoen, projet "Tissons des liens, pas des menottes"