Le récit productiviste, longtemps présenté comme seule réponse aux défis alimentaires et climatiques, ne tient plus. Non seulement il échoue à résoudre ces crises, mais il en est devenu l’un des moteurs. Face à cette impasse, une autre trajectoire existe : l’agroécologie, qui propose de repenser en profondeur nos manières de produire, de distribuer et de consommer. Mais cette transition se heurte à des verrous systémiques puissants, imbriqués à toutes les échelles du système alimentaire. Comprendre ces mécanismes est impératif pour lever les obstacles qui entravent le changement. Derrière l’agriculture, c’est notre rapport à la santé, au territoire, au travail et au vivant qui est en jeu.
Dans ses recherches, indissociables de son activisme, Paola Bacchetta, professeure à l’université de Californie, à Berkeley et figure incontournable des études queer et décoloniales, travaille à rendre visibles les écrits et les expériences des personnes queer racisées. Sa réflexion porte notamment sur la manière dont les systèmes d’archivage officiels résistent aux récits alternatifs et minoritaires. Son dernier ouvrage Co-Motion. Re-Thinking Power, Subjects, and Feminist and Queer Alliances (Duke University Press, 2026), écrit à partir de ses recherches, réflexions et pratiques en Inde, en France, en Italie et aux États-Unis, nous invite à renouveler nos outils politiques et théoriques face aux structures de pouvoir pour mener une révolution épistémique.
La transition juste réunit deux idées : la transformation écologique et la justice sociale. Son objectif est double: réduire les gaz à effet de serre et diminuer les inégalités sociales. Face à la double urgence climatique et sociale, il est essentiel d’en parler sérieusement et de prendre des décisions politiques fortes qui n’opposent pas les enjeux écologiques et sociaux, mais qui intègrent ces deux réalités.
Dans son essai Résistances affectives – Les politiques d’attachement face aux politiques de la cruauté (La Découverte, 2025), Chowra Makaremi, anthropologue, déploie par de multiples entrées, références et matériaux une réflexion irradiante sur la place des émotions dans la résistance et l’action politiques.