Le 14 décembre dernier, les Chilien·nes ont élu José Antonio Kast à la présidence de la République. Plus de cinquante ans après le coup d’État militaire de 1973 et vingt-six ans après le retour à la démocratie, un dirigeant d’extrême droite, ouvertement nostalgique de la dictature, accède au sommet de l’État. Avec 58 % des suffrages, cette victoire ne relève pas d’un accident électoral. Elle marque un tournant majeur de la vie politique chilienne, dont les prémices se sont fait sentir dès l’échec du processus constituant entamé au lendemain du soulèvement social de 20191.
Le samedi 3 janvier 2026, le Venezuela se réveille sonné de l’attaque éclair des États-Unis sur Caracas et apprend l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de la première dame Cilia Flores. Si une certaine anxiété s’empare de la population, une frange importante de celle-ci ne semble pas s’indigner outre mesure de la capture du couple présidentiel. Pourquoi ? Si les intentions impérialistes de Donald Trump ont été vastement analysées et commentées ainsi que les conséquences sur le droit et l’ordre international, la réaction du peuple vénézuélien beaucoup moins.
La guerre à Gaza oblige à penser l’inégalité des vies, en termes à la fois quantitatif et qualitatif, à la fois d’existences qui ne sont pas dignes d’être racontées et de morts qui ne sont pas dignes d’être pleurées. Cette relecture oblige alors à analyser les raisons pour lesquelles le monde–et particulièrement le monde occidental en ce qu’il se prévaut de valeurs qu’il présume universelles – a non seulement consenti à l’oblitération de tout ce qui pouvait signifier la vie à Gaza, mais a également soutenu l’entreprise criminelle qui la perpétrait .
Examiner l’histoire du militantisme pour la paix sur une temporalité assez longue permet de souligner le rôle précurseur d’hommes et de femmes qui, dès le 19e siècle, ont contribué à remettre en cause la légitimité de la guerre comme instrument de résolution des litiges entre États. En popularisant les méthodes de règlement pacifique des conflits par la mise en place d’une justice internationale et en soutenant la création d’organisations multilatérales favorisant la coopération internationale, ils et elles ont travaillé à l’édification d’un système international plus sûr et plus juste, aujourd’hui cependant de plus en plus contesté et menacé.