Les droits de l’Homme, qu’ils soient affirmés par les normes internationales ou par la Constitution belge, proclament le droit à la libre manifestation de ses opinions, notamment religieuses. On dit bien : la libre manifestation, et pas simplement le droit d’avoir des opinions qu’on garde pour soi et qui restent dans la sphère privée. Quelles sont les limites de ce droit confronté à d’autres exigences de la vie en société ? Et, d’abord, peut-on valablement y renoncer par contrat, par exemple par contrat de travail ? Faute de réponse sociale claire et univoque dans nos sociétés multiculturelles, des éléments de réponse sont fournis, cahin-caha, et par touches successives, par la jurisprudence des tribunaux.
La dynamique européenne de l’islam a amené au cours des quarante dernières années à sa visibilisation dans l’espace public. Les personnes issues de l’immigration musulmane cherchent à obtenir la reconnaissance de leur identité sociale et religieuse en revendiquant sa légitimité dans la société d’accueil. L’intégration des pratiques et modes de vie islamiques dans les entreprises participe de cette dynamique. Elle confronte les organisations à de nouveaux défis en interrogeant leurs pratiques de management et leur culture d’entreprise. Un cas concret : la STIB.