À tous les niveaux de pouvoir, diverses réformes, en cours ou envisagées, modifient de plus en plus fondamentalement la place, les moyens (y compris financiers), la liberté et donc les capacités d’action et le rôle des corps intermédiaires. Or, de longue date, ces organisations occupent une place centrale dans le fonctionnement de la démocratie belge telle qu’elle s’est construite. Comment ces organisations y contribuent-elles ? Et quelles conséquences peut avoir leur affaiblissement structurel, voire leur mise hors-jeu, pour l’évolution de la démocratie belge ?
Les subventions accordées aux associations se déploient dans un cadre juridique de plus en plus rigoureux, imposant des conditions d’éligibilité strictes et des évaluations pointues. Une étude publiée par le CESEP en avril 20261 – dont cet article s’inspire – met en lumière l’impact de ces cadres sur l’autonomie des associations d’Éducation permanente et d’Insertion socioprofessionnelle en Wallonie.
La récente analyse du CRISP1 sur l’évolution de la fonction consultative exercée par le Conseil national du travail (CNT) invite à relativiser l’idée d’un déclin inexorable de la concertation sociale et conforte l’hypothèse selon laquelle la consultation des interlocuteurs sociaux demeure un vecteur de démocratie sociale. En revanche, quand on examine leur place et leur rôle dans la gouvernance en matière de sécurité sociale, le verdict change.
Autrefois, les associations évoluaient en Belgique dans un environnement bienveillant. Aujourd’hui, entre conversion économique forcée et dérive autoritaire, le secteur associatif est pris en étau.