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Le système des titres-services a acquis, en moins de dix ans, le statut de secteur économique à part entière. En moyenne, il occupe à peu près 76 000 travailleurs. Mais, bon an mal an, ce sont plus de 103 000 travailleurs qui se relaient pour occuper plus de 118 000 emplois, représentant plus de 65 millions d’heures de travail, soit près de 36 000 équivalents temps plein. Hormis sa croissance fulgurante, plutôt rare par les temps qui courent, il se distingue aussi par un mode particulier de régulation publique, qu’on a pu appeler « quasi marchand ».
Le secteur des titres-services ne relève pas du secteur privé marchand traditionnel, car il est très massivement subventionné par les pouvoirs publics : lordre de grandeur des subventions publiques est comparable aux interventions de lassurance maladie dans le coût des soins de santé, supérieur à ce quil est dans lemploi protégé des personnes handicapées ! Mais il ne relève pas non plus du secteur non marchand : certains opérateurs sont des entreprises commerciales, qui voient leur business plan tout écrit par les pouvoirs publics : privilège rare, même dans le secteur subventionné ! Les utilisateurs, bénéficiaires des services offerts, ne sont en général pas des personnes en difficulté. Il nexiste pas de condition daccès dans le chef des travailleurs occupés dans le système. Si celui-ci nexistait pas, une partie de ces travailleurs travaillerait probablement au noir. Le « blanchiment » du travail au noir est dailleurs un des objectifs affichés du système. Mais les chiffres comme lexpérience quotidienne montrent que le système ne sest pas contenté de recycler des heures de travail déjà accomplies par ailleurs dans dautres cadres, légaux ou non. Il a aussi créé un marché, développé un secteur dactivité. Et puisque ce marché est fortement subventionné, il vaut la peine de se demander si largent public y est investi à bon escient, en tenant compte des priorités sociales et des échéances pour les finances publiques.
Un aspect de cette question est dailleurs que les activités en « titres-service » ne font pas seulement concurrence au « travail au noir » : elles sont assez proches dactivités subventionnées comme telles en fonction dobjectifs sociaux, notamment les services daide familiale et daide senior. Il vaut la peine de se demander si la technique du titre-service représente une plus-value par rapport à ces canaux de subvention traditionnels.
Un aspect de la question est que le système des titres-services est, essentiellement, un système fédéral, tandis que les subventions basées sur le caractère social de lactivité sont généralement dorigine communautaire ou régionale. La réponse aux questions posées aura donc une influence sur lavenir du système dans le cadre institutionnel belge. Il ne faut pas être fanatique du thème de la « cohérence des politiques », désormais élevé au titre dargument favori pour ceux qui plaident pour de nouveaux transferts de compétences, pour reconnaître quun circuit (massif) de subventions publiques fédérales sur le terrain dinitiatives communautaires ou régionales ne contribue pas à la lisibilité des institutions et du système social.
Cet article essaie dapporter des éléments de réponse à ces différentes questions. Il a pu sappuyer sur le fait que le système des titres-services fait lobjet dun suivi dont, entre parenthèses, dautres modes de subvention pourraient utilement sinspirer ! Outre les statistiques régulièrement publiées par lONEm, la loi prévoit lélaboration de rapports annuels, confiés à des sociétés de consultance. La Cour des comptes a publié un rapport détaillé en 2009, et une équipe de lULg et de lUCL a réalisé en 2009 une étude centrée sur la qualité de lemploi et de lorganisation du service (*).
Organisation du système
Le système des titres-services trouve son origine dans un accord de coopération relatif à léconomie sociale, conclu le 4 juillet 2000 entre lÉtat fédéral et les Régions (1). Cet accord visait notamment à « soutenir les services de proximité, notamment les services accomplis en vue daméliorer les conditions de vie des citoyens ou de répondre à des besoins collectifs locaux, à condition que le développement de ces services soit à la base de la création demplois stables et nentraîne aucune autre forme dexclusion ou de dualisation tant du marché de loffre ou de la demande que du marché du travail ».
Son volet fédéral est organisé par une loi du 20 juillet 2001. Au départ, le système était cofinancé par lÉtat et par les Régions. Depuis 2004, lÉtat a décidé dintensifier le système, et la pris intégralement à sa charge (2). Sur linsistance de la Région flamande, les Régions ont été autorisées à étendre le système à certaines activités non admises dans le cadre fédéral. La Région flamande la expérimenté entre 2007 et 2009 pour laccueil extrascolaire de lenfance, mais y a mis fin en raison du manque de succès de la formule, sous réserve de quelques projets pilotes à évaluer dans le courant de 2010. Actuellement, le système des titres-services est donc entièrement fédéral.
Quelles activités et quelles entreprises ?
Le système des titres-services permet actuellement deffectuer les activités suivantes :
aide ménagère au domicile de lutilisateur (nettoyage, lessive et repassage, petits travaux de couture, préparation des repas) ;
faire les courses ;
repassage en dehors du domicile de lutilisateur ;
transport de personnes à mobilité réduite.
Les statistiques disponibles ne recensent pas la répartition des heures de travail par types dactivité, mais la proportion dutilisateurs recourant à lun ou lautre service, ce qui nest pas nécessairement lapproche la plus pertinente. Il en résulte que près de 90 % des utilisateurs recourent aux titres-service pour le nettoyage de la maison. Le repassage en dehors du domicile est utilisé par 22 % des utilisateurs ; 19 % des utilisateurs y recourent pour la lessive et le repassage au domicile. Les autres activités (repas, couture, faire les courses, transport de personnes à mobilité réduite) occupent des créneaux plus limités, ce qui ne préjuge en rien de leur utilité intrinsèque, particulièrement le dernier cité.
Lactivité est prestée par une entreprise titres-services qui doit être agréée par lONEm. Les conditions dagrément concernent essentiellement le respect de la législation sociale, y compris celui de la législation sur les titres-services elle-même : respect des activités autorisées, création demplois nouveaux, interdiction de cumul avec certaines autres subventions. Par contre, il nexiste pas de condition quant à la nature même de lentreprise. Il peut sagir dune entreprise commerciale (commerçant indépendant ou société commerciale), dASBL, de pouvoirs locaux (commune, CPAS). Dans les faits, le marché sest réparti comme indiqué dans le graphique ci-dessous. Lentreprise ne doit pas pratiquer exclusivement lactivité titres-services. Le tableau montre par exemple que 220 Agences locales pour lemploi (ALE) et 28 sociétés de travail intérimaire ont obtenu un agrément comme entreprise titres-services et pratiquent cette activité à côté de leur activité traditionnelle.
Certaines entreprises agréées, indépendamment de leur forme juridique, offrent les services de proximité en combinaison avec dautres objectifs sociaux, soit en rapport avec les travailleurs, soit en rapport avec les utilisateurs. Ainsi, 30 % des entreprises titres-services, occupant un peu moins de 25 % des travailleurs, sont agréées comme entreprise dinsertion (3). Certains services daide familiale ou aide senior se sont fait agréer dans le système des titres-services.
Les entreprises privées dont lactivité principale se situe dans le secteur des titres-services relèvent dune sous-commission paritaire spécifique, intégrée dans la commission paritaire des entreprises de nettoyage. Tel nest pas le cas des communes et des CPAS qui, en tant quinstitutions publiques, ne relèvent pas du système des commissions paritaires, ni des entreprises dont lactivité principale se situe en dehors des titres-services, et qui relèvent de leur commission paritaire de base (travail intérimaire, traitement des textiles, aides familiales et aides senior, transport et logistique, etc.). Au total, 39 % des entreprises relèvent de la sous-commission paritaire spécifique.
Quels utilisateurs ?
Il ny a pas de conditions dans le chef de lutilisateur des titres-services. De son point de vue, les formalités se limitent à se faire enregistrer auprès de lémetteur des titres services une société privée désignée dans le cadre dune procédure de marché public , et à acheter le nombre de titres-services dont il a besoin. Ce nombre est limité à 750 par année civile (2 000 pour les personnes handicapées).
Le service proprement dit se fait dans le cadre dun contrat avec lentreprise de titres-services. Il peut sagir dun contrat très simple, verbal, analogue à celui qui est passé avec un teinturier : par exemple, repasser une manne de linge. Il peut aussi sagir dun contrat qui engage pour une certaine durée : par exemple, venir nettoyer pendant autant dheures tel jour de la semaine. Dans tous les cas, lutilisateur paie à lentreprise un titre-service par heure de travail. Les rapports soulignent que cette modalité nest pas adaptée à certains services, par exemple le repassage en dehors du domicile, qui ne peut se traduire en heures de travail que de façon conventionnelle, et qui requiert de lentreprise des investissements matériels (locaux, appareillage, énergie), non couverts par le titre-service, que ne doivent pas assumer les services au domicile. Dans la pratique, un peu plus de 778 000 particuliers étaient inscrits en 2008 auprès de la société émettrice, dont environ 557 500 ont effectué au moins une commande de titres-services. La croissance du secteur a été fulgurante. Le graphique ci-dessus reprend les chiffres des rapports officiels jusquen 2008. Selon les chiffres repris sur le site internet de lONEm, le nombre de titres remboursés aurait encore augmenté en 2009 : il sélèverait à 78,5 millions !
Le système est actuellement plus répandu en Flandre que dans les autres régions. Cest probablement dû au fait que linitiative du système se trouve surtout dans le monde politique flamand et même régional flamand. Dans les autres Régions, lidée a rencontré au départ un certain scepticisme, voire une réticence. Mais il semble que la Wallonie et Bruxelles sont en train de combler leur « retard » (4).
La majorité des utilisateurs sont des personnes en âge dactivité. Il y a tout de même environ 25 % dutilisateurs de plus de 65 ans. Parmi les utilisateurs de moins de 65 ans, la grande majorité (87 %) exerce une profession salariée ou indépendante. Il y a 6,3 % de prépensionnés, 5,4 % de personnes sans activité professionnelle, 1,7 % de demandeurs demploi et 0,2 % détudiants. La grande majorité des utilisateurs (77 %) sont diplômés de lenseignement supérieur. Les diplômés de lenseignement secondaire représentent 20,5 %, ceux de lenseignement primaire 1,4 %.
Même sil y a une proportion assez importante dutilisateurs inscrits mais ne procédant pas effectivement à des commandes, les utilisateurs actifs ne se limitent généralement pas à une commande. En moyenne, les utilisateurs commandent 131 titres par an. Mais il y a dassez fortes disparités : 25 % des acheteurs achètent moins de 50 titres, 50 % des acheteurs en achètent moins de 100. Mais 25 % en achètent au minimum 180, et 4,5 % des utilisateurs en ont acheté plus de 650. Sans surprise, cest surtout dans la classe dâge de 35 à 55 ans, cest-à-dire des personnes au sommet de leur carrière professionnelle, que se concentrent les gros acheteurs.
Quels travailleurs ?
Il ny a pas non plus de conditions dans le chef du travailleur pour participer au système en tant que tel. Dans la pratique, lécrasante majorité des travailleurs (98 %) sont des femmes. Hormis cette donnée commune aux trois Régions, il existe des différences régionales marquées dans le profil des travailleurs. En moyenne, 67 % des travailleurs sont « cohabitants » et 33 % « isolés ». Mais cette moyenne cache dassez importantes disparités : la proportion de cohabitants est de 72 % en Flandre, 61 % en Wallonie et 52 % à Bruxelles.
En moyenne, 80 % des travailleurs sont de nationalité belge, dethnicité européenne (87 % en Flandre, 83 % en Wallonie). Mais à Bruxelles, seuls 24 % des travailleurs sont de ce profil : 54 % ne sont pas Belges, 22 % sont Belges, mais dethnicité non européenne. Il y a également des différences assez marquées dans le niveau de formation. En Flandre, la majorité des travailleurs (53 %) sont de niveau « moyen ». En Wallonie, cette majorité nest que relative. À Bruxelles, la majorité relative est de niveau « faible », mais il y a une proportion beaucoup plus importante de travailleurs à la formation « élevée » ou qualifiée de « autres », qui recouvre notamment les études accomplies à létranger.
Les statistiques distinguent selon que le travailleur bénéficie dune allocation de chômage ou de CPAS (« catégorie A »), ou travaille dans le système sur une base entièrement volontaire (« catégorie B ») (5). La catégorie A représente en moyenne 40 %, mais cette proportion se limite à 27 % à Bruxelles, et atteint 51 % en Wallonie. En forçant le trait, on a limpression, sur la base de ces chiffres, quen Flandre le système offre avant tout un revenu dappoint à des couples à deux revenus ; en Wallonie, une solution demploi à des allocataires sociaux ; et à Bruxelles un statut social à des personnes qui en sont dépourvues, par exemple des étrangers primo-arrivants.
Loccupation dans le cadre des titres-services saccomplit dans le cadre ordinaire du contrat de travail, moyennant quelques spécificités qui sapparentent à celles du travail intérimaire. Mais hormis laspect juridique, le secteur comporte plusieurs spécificités. Tout dabord, la grande majorité des travailleurs est occupée à temps partiel. Bien que la législation permette, si le travailleur nest pas allocataire social, de déroger à la règle générale selon laquelle un emploi doit comporter au minimum un tiers-temps, il semble que cette possibilité soit peu utilisée. Dans la pratique, la plupart des emplois comportent de 20 à 22 heures par semaine, soit un peu plus quun mi-temps. Mais moins de 10 % des travailleurs sont occupés à temps plein. Selon les enquêtes, 84 % des travailleurs à mi-temps se déclarent satisfaits de leur régime de travail. Mais ce sont avant tout les entreprises qui trouvent leur compte dans la formule. Le travail à temps partiel offre, par le biais des horaires variables, ou éventuellement par la prestation dheures « complémentaires », des possibilités de flexibilité qui absorbent les variations du volume ou de lhoraire de travail en fonction des demandes des utilisateurs. Du point de vue du travailleur, il faut relever avant tout que la plupart des tâches accomplies dans le cadre des titres-services sont des travaux lourds, qui pour la majorité des gens sont épuisants sils doivent être accomplis dans le cadre dun temps plein.
Il nexiste pas de règle spécifique en matière de réglementation du chômage. Si le travailleur accepte un emploi titres-services alors quil bénéficie dallocations de chômage, il peut bénéficier du maintien des droits et, le cas échéant, de « lallocation de garantie de revenu ». Pour rappel, pour les travailleurs occupés à moins dun tiers temps, cette allocation est simplement la différence entre lallocation de chômage et le salaire à temps partiel ; cest ce qui explique pourquoi la règle du tiers-temps sapplique à la « catégorie A » des travailleurs titres-services. Pour les travailleurs au-delà dun tiers temps, sajoute un bonus par heure de travail dun peu moins de 3 euros. Cest loin dêtre grandiose. Et surtout, les modalités concrètes de cette allocation font que lextension du régime de travail nest pas toujours synonyme de revenu global supérieur.
Bien que lobjectif du système soit doffrir un emploi stable, il nest pas interdit de recourir aux contrats à durée déterminée. Cest dailleurs la formule généralement utilisée par les entreprises de travail intérimaire, conformément à leurs méthodes habituelles. Au total, la majorité des travailleurs ont un contrat à durée indéterminée, mais il existe une assez grande disparité selon le type dentreprise. La Cour des comptes écrit qu« en dépit de lobjectif affiché par la loi de créer des emplois de qualité, il apparaît que le nombre de contrats à durée déterminée reste important dans certaines catégories dentreprise ».
Dune façon générale, les études, comme les échos du terrain, confirment une grande disparité entre entreprises dans la qualité des emplois offerts, dans les avantages sociaux, dans les formations proposées, etc. Globalement, cette qualité est meilleure dans le secteur non marchand que dans les entreprises commerciales. Cette différence pourrait être liée au fait que certaines entreprises du secteur non marchand bénéficient de subventions spécifiques liées à leur objet social, ou occupent davantage des allocataires sociaux qui ouvrent le droit à des subventions spécifiques en dehors du système des titres-services. Mais il existe aussi, apparemment, des différences entre entreprises du même type. Il est intéressant de constater que ces disparités ne sont corrélées ni avec le type de travail, ni avec le profil du travailleur. Il sagit donc uniquement de choix de gestion du personnel par les entreprises.
Léconomie du système
Lutilisateur paie le chèque, donc lheure de travail, 7,50 ¤. Les sommes quil a déboursées sont déductibles de ses impôts, à concurrence de 30 %, avec un plafond. On estime en général que le coût réel pour lutilisateur est de lordre de 5,5 ¤ par heure de travail. Le manque à gagner pour lÉtat généré par la déduction fiscale est de 135,5 millions deuros.
Lentreprise titre-service obtient auprès de la société émettrice le remboursement du titre, à raison de 20,80 ¤. La différence entre ce montant et le prix payé par lutilisateur est payée par lONEm pour le compte de lÉtat. Cela représentait en 2008 une somme de 872 millions deuros. LONEm paie également à la société émettrice une indemnité pour les frais démission et de remboursement des chèques. Si on y ajoute les frais de fonctionnement de lONEm lui-même, ces « frais dencadrement » représentent 13 millions deuros.
En 2008, le coût total du système pour les pouvoirs publics était donc de plus dun milliard deuros, et ce montant a encore augmenté en 2009. Certes, on peut déduire de ce montant un certain « effet retour », grâce aux impôts et aux cotisations sociales payées par les travailleurs et par les entreprises, et grâce à la diminution des allocations sociales des travailleurs. Les rapports officiels font état dun coût net, après déduction de cet « effet retour », de lordre de 686 millions, mais la fiabilité de ces calculs fait lobjet de controverses.
Quoi quil en soit, sans méconnaître la réalité de cet effet retour, on ne voit pas en quoi le système se distingue, sous cet angle, dautres emplois subventionnés. Pour apprécier lefficacité de la subvention, il nest pas illégitime de considérer le coût brut. Celui-ci est tout de même très important : de lordre de 15,40 ¤ par heure de travail, soit plus de 2 500 ¤ par mois pour un emploi à temps plein ! Encore, ce montant résulte simplement de la division des coûts bruts par le nombre dheures prestées. Il faut y ajouter certaines aides non spécifiques au système des titres-services, par exemple les avantages liés au profil du travailleur (6) ou les subventions accordées à certaines entreprises en fonction de leur objet social.
Du point de vue de lentreprise, une spécificité du secteur est que presque tous les paramètres sont déterminés par la réglementation, qui impose le type dactivités, le tarif pour lutilisateur et le chiffre daffaires pour lentreprise, et interdit les dérogations, à peine de risquer de perdre son agrément. Le principal poste de coût pour lentreprise, à savoir le coût salarial, est aussi fortement réglementé, de sorte que cest en somme la réglementation qui détermine la marge bénéficiaire de lentreprise ! Les seules différences entre entreprises résident dans laffectation de cette marge bénéficiaire : rémunérer le dirigeant ou offrir des avantages supplémentaires aux travailleurs...
(*) Bibliographie (documents accessibles via internet)
Les rapports annuels sont téléchargeables à partir du site du SPF Emploi ; le dernier en date porte sur lannée 2008 : IDEA Consult (A. Peeters, A. Van Pelt, D. Valsamis), Évaluation du régime des titres services pour les services et emplois de proximité 2008, juin 2009.
Le rapport de la Cour des comptes est téléchargeable à partir du site de cette institution : Cour des comptes, Titres services, coût et gestion, janvier 2009.
Létude de lULg/UCL est téléchargeable à partir du site de la politique scientifique fédérale : J. Defourny, A. Henry, S. Nassaut, M. Nyssens, Économie plurielle et régulation publique, le quasi-marché des titres services en Belgique, 329 p. ; politique scientifique fédérale, Academia press, 2009 ; un résumé de cette étude a été publié dans la revue Regards économiques (m. a., Les titres-services : quelle qualité demploi et dorganisation du service, Regards économiques, UCL, IRES n° 69, avril 2009).
1. Y compris la Communauté germanophone puisque, dans le cadre de lautonomie constitutive des entités fédérées, elle a repris sur son territoire la plupart des compétences de la Région wallonne en matière demploi.
2. Loi-programme du 22 décembre 2003.
3. La notion dentreprise dinsertion renvoie à deux canaux dagrément, lun au niveau fédéral, lautre au niveau régional. Lagrément fédéral permet de bénéficier du système « SINE » (réduction ONSS ; paiement à lemployeur dune allocation de chômage « activée ») destiné à lintégration socioprofessionnelle de chômeurs très difficiles à placer. Lagrément régional est accordé aux entreprises disposées à garantir un emploi durable à des groupes à risque.
4. Le site de lONEm, qui recense le nombre de titres remboursés, marque pour 2009 une répartition assez différente : 50,8 % pour la Flandre, 23 % pour la Wallonie et 26,2 % à Bruxelles. Si on comprend bien, ces chiffres sont répartis selon le siège (social) de lentreprise, et non selon lutilisateur.
5. Cette distinction renvoie à une distinction dans la réglementation. Les allocataires sociaux ont une certaine obligation daccepter les emplois qui leur sont offerts, et de se porter candidats pour une extension de leurs heures de travail. En fonction de cette réalité, il existe quelques spécificités dans lapplication de la réglementation du travail, dont la plupart ont été abrogées à partir du 1er septembre 2009. En subsiste que les travailleurs de la catégorie A doivent être occupés au moins à un tiers temps, conformément à la règle générale en droit du travail, tandis que les travailleurs de la catégorie B sont dispensés de cette règle.
6. On vise essentiellement les réductions de cotisations sociales et laffectation de lallocation de chômage comme subside salarial, dans le cadre du programme « Activa », qui sadresse aux chômeurs de longue durée, et du programme « SINE », déjà mentionné en ce qui concerne les entreprises dinsertion.
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