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La crise financière qui a éclaté l’année dernière a au moins eu un mérite : celui de mettre à bas le mythe d’une finance désincarnée, qui semblait flotter, indifférente à la pesanteur, se moquant de l’activité des hommes et de leurs préoccupations. On affirmait même, sans rire, que cette finance créait de la richesse par elle-même. Une sorte de pierre philosophale des temps modernes ! La réalité est évidemment différente et l’éclatement de la bulle financière en a fourni une éclatante démonstration.
Parmi les questions que la crise a mises en évidence figure celle de la recherche du profit qui, pratiquée sans retenue, nous a conduits à limpasse. Revient dès lors au goût du jour une autre approche de la finance, qui entend traiter largent et ses multiples facettes (épargne, investissement, crédit, gestion dun compte) non plus sous un angle de stricte rentabilité économique, mais en y adjoignant des considérations déthique et de solidarité. Comprenons léthique comme un ensemble de règles morales et de conduite qui vont guider notre comportement professionnel ou personnel, et la solidarité comme la conscience dune responsabilité et dintérêts communs au point dentraîner, pour les uns, lobligation morale de porter assistance aux autres. Une finance qui est soumise à lintérêt général plutôt que de lui porter atteinte, voilà une idée qui sonne tendance dans cette atmosphère post-crise. Pourtant, la réflexion et les pratiques relatives à léthique et à la solidarité financières ne datent pas dhier mais sont, au contraire, ancrées dans notre tradition économique et sociale.
Aux origines
Léthique, essentiellement religieuse, a très tôt été introduite dans les pratiques dinvestissement. Les investisseurs religieux de confession juive, chrétienne et islamique ainsi que de nombreuses cultures indigènes ont longtemps mêlé argent et morale, prenant en considération les conséquences de leurs actions économiques et refusant les investissements qui entraient en contradiction avec leurs convictions profondes.
Ce fondement religieux, qui est loin davoir totalement disparu aujourdhui, sest arrimé, dans le contexte des États-Unis des années 1970, à un fondement beaucoup plus large, davantage citoyen et politique, qui trouve son origine dans les bouleversements sociaux et culturels des années 1960, en particulier les mouvements de lutte pour les droits civiques, les mouvements féministes, consuméristes, environnementalistes ou encore le mouvement de contestation contre la guerre au Vietnam. Ces préoccupations ont donné naissance à une véritable conscience publique au sujet des problèmes sociaux, environnementaux et économiques ainsi que de la responsabilité des entreprises à leur égard (1).
La composante solidaire est, quant à elle, davantage liée à la difficulté que certaines couches de la population rencontrent pour accéder à un crédit adapté. Dès le XIXe siècle, la crise économique de 1847-1848 a entraîné lémergence de différents modèles de crédit populaire. Dabord une forme de crédit mutuel est née dans le monde rural à une époque où lémancipation paysanne eut pour conséquence une liberté et une autonomie économiques telles quelles navaient encore jamais existé. Comme la population rurale était totalement inexpérimentée en matière économique, elle tomba très vite aux mains dusuriers sans scrupules, sendetta immodérément, perdit ainsi ses propriétés et sombra dans la misère. Pour lutter contre les méfaits de lusure et la gravité de lendettement des paysans, Friedrich Wilhelm Raiffeisen créa en Rhénanie, le 1er décembre 1849, la première véritable société de crédit aux agriculteurs, la « Société de secours aux agriculteurs impécunieux de Flammersfeld ». Son intuition était que la charité ne permettrait pas daméliorer durablement le sort des gens mais quil fallait apprendre aux pauvres à se prendre en mains. Point de charité, mais lauto-assistance.
Les caisses Raiffeisen vont se multiplier, fondées sur les quatre principes suivants :
opérer dans une région limitée, telle une commune ou une paroisse,
redistribuer lépargne locale sur place,
octroyer des crédits à moyen terme (plusieurs années) et à faible taux dintérêt,
se baser sur la responsabilité individuelle, solidaire et illimitée de tous les membres de la caisse.
Cest sur ce modèle quen 1892 sera créée la première des caisses Raiffeisen en Belgique. Celles-ci se développeront ensuite, essentiellement en Flandre, pour devenir CERA près dun siècle plus tard (2).
La deuxième forme de crédit populaire est davantage urbaine. Peut-être sous linfluence de Hermann Schulze-Delitzch qui est, avec Raiffeisen, le promoteur du crédit populaire en Allemagne au XIXe siècle, apparaissent dès 1864, sous la direction de personnalités libérales de la région liégeoise, comme L. dAndrimont et A. Micha, des banques populaires, associations de crédit mutuel qui ont pour objectif de permettre laccès au crédit des couches sociales moyennes ou populaires, restées étrangères au développement de la banque dans le deuxième tiers du XIXe siècle.
Les banques populaires essaiment : 9 sont créées de 1864 à 1873, 11 de 1874 à 1892, elles réunissent 14 000 sociétaires en 1899. Fruits dune deuxième vague coopérative, les sociétés dassurance et dépargne voient le jour dès la fin du XIXe : la Prévoyance Sociale, Coop-Dépôts (CODEP), les Assurances Populaires, la Coopérative Ouvrière de Banque (COB), qui deviendra ensuite la BACOB, constitueront très vite lépine dorsale des mouvements socialiste et chrétien. En 1908, les banques populaires sont au nombre de 45 dont 34 comptent 24 000 adhérents. Ce nest que durant la période dentre-deux-guerres que ce secteur touchera le monde ouvrier par la multiplication des caisses dépargne liées au mouvement ouvrier, tant socialiste que chrétien (3).
Face à lexclusion bancaire, les pouvoirs publics ne sont pas en reste. Le 8 mai 1850 est adoptée une loi qui institue une caisse générale de retraite, auprès de laquelle des personnes prévoyantes peuvent se constituer une petite pension pour leurs vieux jours, au moyen de versements volontaires, sous garantie de lÉtat. Ensuite, la loi du 16 mars 1865 créera la Caisse générale dépargne, avant que les deux institutions ne fusionnent sous le nom de Caisse générale dépargne et de retraite (CGER). La création de la CGER constitue une intervention frappante de lÉtat libéral de lépoque dans le domaine des caisses dépargne. Les libéraux doctrinaires, avec Frère-Orban comme chef de file, défendaient en effet cette mesure interventionniste dun point de vue idéologique, politique et surtout financier et économique. Ils arguaient avant tout en faveur de la création dun climat propice aux investissements par lélargissement du crédit, au profit de la bourgeoisie (4).
Jusquà la fin des années 1950, la CGER jouira dun quasi-monopole de fait dans la collecte de la petite épargne. Avec la modernisation des techniques de gestion (notamment, la création de réseaux de terminaux bancaires), la politique dexpansion des agences bancaires, lamélioration du niveau de vie de la population et la croissance économique des golden sixties, les banques se sont intéressées de près à cette catégorie dépargnants dont le marché leur est apparu plein de potentialités. Depuis lors, la concurrence na fait que sexacerber, non seulement entre les banques privées et la CGER, mais aussi entre la CGER et dautres institutions publiques telles que le Crédit communal (5).
Où en sommes-nous ?
On connaît lévolution du marché bancaire de ces 15 dernières années. KBC, dans son état actuel, est issue de la fusion en 2005 de KBC Bancassurance Holding et de sa société mère Almanij. KBC Bancassurance Holding était elle-même issue de la fusion, en 1998, de la Kredietbank, ABB-assurances et la Banque CERA, toutes détenues par Almanij. Le secteur bancaire coopératif du pilier socialiste ne pourra davantage être maintenu : après une fusion de Codep avec la Banque Nagelmackers, la nouvelle entité sera finalement cédée, en 2001, au Groupe Delta Lloyd. De son côté, en 1997, BACOB a absorbé Paribas Belgique, renommée par la suite Banque Artesia. Le processus de restructuration sest poursuivi en 1999 avec la création dune entité entièrement intégrée sur le plan des services financiers : Artesia Banking Corporation SA, qui réunissait la banque « retail » BACOB, la compagnie dassurances Les AP Assurances, la banque daffaires dArtesia ainsi que diverses filiales spécialisées. Enfin, en juillet 2001, Arcofin, actionnaire de référence de ce groupe, a conclu une fusion entre Artesia Banking Corporation et Dexia. Cette transaction a permis à Arcofin de devenir le principal actionnaire de Dexia, à côté notamment du Holding Communal.
Le groupe Fortis a quant à lui acquis la CGER entre 1993 (50 %) et 1997 (100 %), mais aussi le Crédit à lindustrie en 1995, MeesPierson en 1997 et la Générale de Banque en 1999, avant de connaître les déboires de lannée dernière qui ont requis une nouvelle intervention de lÉtat par le biais, cette fois, dune prise de capital au moyen de largent public (6).
Cette évolution structurelle du marché bancaire qui a gommé autant que possible les différences entre les banques commerciales et les banques de développement est la conséquence de lévolution du marché mais aussi de sa régulation. Cest en effet à partir de la fin des années 1970 qua été initiée lintégration ou la libéralisation du marché bancaire avec ladoption de la première directive bancaire européenne le 12 décembre 1977 (7). Toutes les particularités dont bénéficiaient les banques de développement, comme des facilités fiscales, des garanties publiques
et qui leur permettaient de remplir leurs fonctions de développement local, ont en grande partie disparu (8).
Parallèlement, se sont développées des banques éthiques en Europe. Cest le cas dinstitutions dinspiration anthroposophique comme la GLS Gemeinschaftsbank qui fut créée en Allemagne en 1974, ou la Banque Triodos née aux Pays-Bas en 1980. La première utilise largent de ses épargnants pour octroyer des prêts à des écoles et crèches libres, des fermes écologiques, des initiatives de soins de santé et thérapies sociales, des projets pour des chômeurs, des magasins de produits sains et des projets de vie communautaire, mais aussi à des projets commerciaux. La seconde, qui dispose de succursales à Zeist (Pays-Bas), à Bristol (Royaume-Uni), à Bruxelles (Belgique) et à Madrid (Espagne) ainsi quune agence à Francfort (Allemagne), finance des entreprises qui apportent une valeur ajoutée sociale, environnementale et culturelle grâce aux fonds que lui confient les épargnants et investisseurs désireux dencourager le développement dentreprises novatrices et durables.
Cest également le cas de banques coopératives qui sinscrivent dans la tradition des banques populaires. Il en va ainsi de la Banca Etica qui est née en juin 1995 en Italie pour concrétiser lidée dune banque conçue comme point de rencontre entre les gens qui partagent lexigence dune gestion plus responsable et transparente des ressources financières. Le but est dencourager des initiatives socioéconomiques sinspirant des principes dun modèle de développement humain et social durable, où la production de la richesse et sa distribution sont fondées sur des valeurs de solidarité et de responsabilité vis-à-vis de la société civile.
On recense actuellement une bonne trentaine dinstitutions de ce type en Europe, même si toutes nont pas le statut bancaire. Cest le cas de six coopératives de crédit actives en Belgique : Crédal, Hefboom et Netwerk Rentevrij qui accordent du crédit à léconomie sociale de notre pays, et Alterfin, Incofin et Oikocredit qui financent des instituts de microfinance dans les pays en développement.
À côté de ces institutions, se sont développés des produits financiers offerts par les banques classiques sous la dénomination dinvestissement socialement responsable (ISR). Daucuns parlent d« investissements éthiques », dautres d« investissements durables », « socialement responsables », voire « soutenables ». Derrière ces variations sémantiques, lon retrouve toujours le même socle fondateur, généralement en phase avec lévolution des préoccupations citoyennes : la prise en compte de considérations éthiques et sociales, au-delà des objectifs financiers traditionnels, dans les décisions dinvestissement ou de placement. LISR consiste donc à placer son épargne dans des entreprises ou États qui, au-delà de critères financiers traditionnels, respectent des valeurs sociales et environnementales précises. La sélection des entreprises ou États se fait soit par des organismes spécialisés indépendants, soit par une cellule de recherche interne au promoteur du produit, sur la base de critères dexclusion ou de critères positifs.
Cest ainsi que le nombre total de produits financiers ISR sur le marché belge, secteurs retail et institutionnel confondus, sélevait à 237 au 31 décembre 2008 (9), contre 186 un an plus tôt, soit une progression de 27 %. En 2008, comme les années précédentes, mais de manière encore plus accentuée, loffre ISR belge sest composée majoritairement dorganismes de placements collectifs (OPC), qui représentaient 91 % du marché ISR en Belgique. La proportion des comptes dépargne est de 6 % et celle des autres formules dépargne éthiques ne représentait plus que 3 %.
Au 31 décembre 2008, le volume total de capitaux placés dans lISR en Belgique sélevait à 9,38 milliards deuros, soit une baisse denviron 12 % par rapport au 31 décembre 2007. Toutefois, la part de marché en valeur de loffre ISR est très légèrement en hausse à 3,56 %.
Le volume des capitaux placés dans les OPC ISR sélevait à 8,65 milliards deuros, soit une baisse de 14 % par rapport au 31 décembre 2007, mais une baisse nettement inférieure à lensemble des OPC en Belgique (30 %). Les OPC augmentaient ainsi en termes de parts de marché : 7,2 % au 31 décembre 2008 par rapport à 5,8 % au 31 décembre 2007. Les leaders du marché des OPC ISR sont clairement KBC (52 % avec 4,46 milliards deuros) et Dexia (25 % avec 2,08 milliards deuros).
Au 31 décembre 2008, le volume des capitaux placés dans les comptes dépargne ISR pesait plus de 647 millions deuros, soit une croissance de 18 % en un an. En termes de parts de marché, bien que toujours très minoritaires, les comptes dépargne connaissaient également une croissance par rapport à lannée précédente. Seuls trois acteurs se partagent le marché des comptes dépargne ISR en Belgique : la Banque Triodos (82 %), la Fortis Banque (17 %) et la VDK-Spaarbank (1 %). Cest clairement la Banque Triodos qui est leader du marché des comptes dépargne ISR, étant passée dun encours de 382,43 millions deuros fin 2007 à 530,33 millions deuros au 31 décembre 2008.
Il est enfin à noter que le public privilégie les produits ISR de bonne qualité. Si la qualité moyenne des produits ISR proposés est globalement bonne, avec une évaluation à hauteur de 73 %, cette moyenne recouvre toutefois une réalité contrastée si lon examine chaque produit individuellement. Une évolution globale vers une qualité meilleure encore devrait donc saccompagner dun mouvement dharmonisation sur le plan qualitatif, si lon veut éviter que la qualité médiocre de certains produits ne vienne injustement entacher la réputation des autres produits ISR (10).
Aiguillon du monde financier dominant ?
Nous lavons rappelé, le paysage bancaire belge a largement perdu sa diversité systémique au cours des quinze dernières années avec la disparition des caisses dépargne et banques coopératives. Certes, des acteurs nouveaux, bancaires et non-bancaires, qui portent des valeurs de responsabilité et de solidarité dans leurs activités, ont vu le jour. Même sils se développent de manière significative, ils ne représentent toutefois, à ce jour, quun segment marginal de marché.
Les produits dinvestissement socialement responsable semblent quant à eux vouloir échapper progressivement à une telle marginalité en poursuivant une progression importante. Cette évolution est liée à la notoriété grandissante de ces produits, à laccroissement de lintérêt quils suscitent dans le public, sans doute à la perception quils peuvent constituer une valeur refuge en ces temps dincertitude financière et, enfin, à laccroissement de loffre. Ont-ils pour autant la vocation et le pouvoir de transformer le monde financier dominant ? Deux observations nous offrent un début de réponse.
Dune part, cette évolution sinscrit dans un contexte qui voit les pouvoirs publics jouer un rôle croissant dans le domaine de lISR. Des chantiers importants sont en cours, dont laboutissement devrait influencer considérablement le marché ISR : la définition dune norme ISR minimale qui protège le consommateur et lui garantisse une qualité minimale, lintroduction dune exigence ISR pour bénéficier des incitants fiscaux liés à lépargne-pension et une gestion des deniers publics selon des critères ISR.
Dautre part, au-delà du marché ISR, la prise en compte de limpact social et environnemental fait tache dhuile et contamine lensemble du marché, que ce soit à linitiative dopérateurs, comme KBC ou Dexia assurances, qui conditionnent des pans entiers de leur activité à des critères ISR, ou que ce soit à linitiative des pouvoirs publics qui interdisent le financement des entreprises impliquées dans les armes controversées. La poche, encore marginale mais en plein développement, de lISR semble donc sinscrire dans un mouvement plus large de responsabilisation des marchés financiers. Une tendance que la crise financière que nous venons de subir semble conforter mais qui devra toutefois se confirmer dans les prochaines années.
(*) Directeur du Réseau Financement Alternatif (RFA).
(1) Bernard Bayot, De la citoyenneté politique à la citoyenneté financière, FINANcité Cahier, Réseau Financement Alternatif, n°8, décembre 2007.
(2) Bernard Bayot, Friedrich Wilhelm Raiffeisen, FINANcité Cahier, Réseau Financement Alternatif, n°1, mars 2006.
(3) Voir L.Bertrand, Histoire de la coopération en Belgique, I, Bruxelles, 1902 ; voir aussi Jean Puissant, La coopération en Belgique. Tentative dévaluation globale, BTNG-RBHC, XXII, 1991, pp. 31-72 ; ainsi que Peter Bosmans, Arthur Damsin, Agnès Mathis, Bart Nollet, Jean-Pierre Pollénus et Anne Savaton, Vade-mecum pour lentrepreneur déconomie sociale, Éditions Labor, 2002.
(4) Sabine Parmentier, Het liberaal staatsinterventionisme in de 19de eeuw. Een concreet geval : de oprichting van de a.s.l.k., Revue belge dhistoire contemporaine, XIX, 1986, 3-4, pp. 379-420.
(5) Suzy Pasleau, La politique de placement de la caisse générale dépargne et de retraite (1955-1984), Revue belge dhistoire contemporaine, XIX, 1988, 3-4, pp. 499-541.
(6) Bernard Bayot, Linterventionnisme public dans la finance, FINANcité, Réseau Financement Alternatif, 15 décembre 2008, http://www.financite.be/s-informer/bibliotheque,fr,11,3,2,1,382.html#_ftn1.
(7) Première directive 77/780/CEE du Conseil, du 12 décembre 1977, visant à la coordination des dispositions législatives, réglementaires et administratives concernant laccès à lactivité des établissements de crédit et son exercice, JO L 322 du 17.12.1977, p. 3037.
(8) Bernard Bayot, LEurope réglemente lactivité des banques, FINANcité Cahier, Réseau Financement Alternatif, n°3, octobre 2006.
(9) Sans compter les mandats discrétionnaires.
(10) Bernard Bayot et Annika Cayrol, Linvestissement socialement responsable en Belgique. Rapport 2009, FINANcité Cahier, Réseau Financement Alternatif, nº 15, octobre 2009.
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