Le pire dans cette crise du Coronavirus serait d’avoir vécu tout ça pour rien. On entend d’ailleurs de nombreuses voix réclamant des comptes. Tirer les conséquences et comprendre les causes de ce qui nous arrive pour que cela ne se reproduise plus : une démarche sensée et nécessaire pour dessiner les contours d’un après-COVID. Mais quand va-t-il avoir lieu ? On nous annonce déjà d’éventuels retours en arrière si le déconfinement ne se passait pas bien, une rentrée des classes perturbée en septembre, une rechute à l’automne... L’après semble de plus en plus hypothétique et lointain. Alors un mot d’ordre circule : garder en mémoire… Bien sûr, nous n’oublierons pas la pénurie de masques, l’absence de tests, le personnel soignant sans protection, les métiers méprisés démontrant leur absolue nécessité, les vieux dans les homes sans accès aux soins hospitaliers, la mort d’Adil, les cafouillages, le kayak et le golf pour nous sortir de l’isolement... Mais si ça dure et dure encore, ne risquons-nous pas de nous habituer à la situation, la normaliser, ne plus savoir départager le pendant de l’après. Et alors qu’on se projette dans ce futur aux contours flous… il y a un présent qui s’éternise pour beaucoup. Les sans-papiers, par exemple, toujours pas régularisés. Alors qu’on attend, le capitalisme, lui, utilise son pouvoir de digestion des crises pour que l’après COVID, s’il arrive, soit comme l’avant, voire pire. Alors, pensons-y, l’après c’est maintenant. C’est maintenant qu’il faut répondre à toutes les urgences sociales et bâtir un autre monde, même si cela doit se faire en étant derrière nos écrans. #

Le Gavroche

#ICantBreathe

Zineb Redouane (80 ans, France), George Floyd (46 ans, USA), Eric Garner (44 ans, USA),… Lire la suite
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