Et voilà le temps des carnavals passés… Quelques confettis et serpentins souillent encore les pavés des rues qui ont vibré l’espace de quelques jours au son des grelots et des sabots. Mais à Alost, ce qui a surtout sali la petite ville de Flandre orientale cette année, ce sont les défilés de chars exhibant d’infâmes caricatures antisémites faisant éclater cette vieille institution plutôt que les rires des enfants et des familles. Mais comme une réplique aux Alostois sur l’inacceptable de leur geste, à peu près au même moment, à São Paulo, les cortèges flamboyants donnaient à voir un tout autre spectacle. Sur fond de résistance politique, musique et danse ont enflammé des milliers de Brésilien·ne·s venu·e·s voir se disputer les écoles de samba pour l’obtention du titre de champion du carnaval. Depuis les gradins, étaient scandés des « Viva Paulo Freire » à laquelle l’Escola de Samba Águia de Ouro, gagnante du concours, rendait un vibrant hommage. L’éducation était ainsi mise à l’honneur avec comme fil conducteur « le pouvoir de connaitre » faisant écho à l’un des hymnes les plus connus au Brésil du mouvement de lutte contre la dictature militaire. Le pouvoir de connaitre, c’est aussi le pouvoir de ne pas oublier. Ne pas oublier que la barbarie commence toujours avec des images aussi sordides que celles qui ont défilé à Alost. #

Le Gavroche

D'un carnaval à l'autre

Et voilà le temps des carnavals passés… Quelques confettis et serpentins souillent encore… Lire la suite
Mai 2019

Tous les numéros

mars 2020