Le 19 septembre dernier, près de cinquante Roms ont été expulsés de la gare du Nord, à Schaerbeek, où ils avaient trouvé un refuge de fortune. Il a fallu un bras de fer politique pour que, le 5 octobre, la commune de Schaerbeek leur propose un logement provisoire. Cet épisode largement médiatisé n’est que la face visible d’une crise profonde, celle de l’accueil des demandeurs d’asile… dont les Roms sont particulièrement victimes alors qu’une majorité d’entre eux sont pourtant des ressortissants européens !
La politique dite de « retour volontaire » est relativement méconnue. Pourtant, elle permet chaque année à plusieurs milliers de personnes n’ayant pas, pour la plupart, de réelles perspectives de séjour en Belgique, de rentrer dans leur pays d’origine. En quoi consiste-t-elle, est-elle pertinente, sa mise en œuvre est-elle efficace ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans le présent article 1.
Alors que la loi de principes concernant l’administration des établissements pénitentiaires ainsi que le statut juridique des détenu·es de 2005 prévoit une équivalence des soins de santé entre la société libre et la prison, cette équivalence est loin d’être respectée en pratique. Retards importants dans la prise en charge, problèmes de confidentialité, manque de moyens, non-accessibilité à certains soins, etc. Les manquements sont nombreux. Les femmes détenues n’y échappent pas et souffrent même particulièrement d’une prise en charge non-adaptée. Nous proposons, dans cet article, d’examiner les soins de santé en détention sous ce prisme du genre.
Dans la vie sociale, les rapports entre les personnes humaines, mais aussi avec les animaux, l’environnement et le vivant non humain1, prennent sens au travers de la culture. Ces relations sont structurées, interprétées et jugées comme légitimes ou non grâce aux valeurs, aux récits, aux significations que la culture porte. Mais comment la culture et les systèmes symboliques agissent-ils dans la vie sociale et politique2 ? Nous identifions sept modes d’action différents. Après avoir présenté les trois premiers dans une partie précédente, voici les quatre suivants.
Le conflit en Ukraine a sonné comme un «retour du spectre de la guerre», engendrant des réactions psychologiques et sociales, allant de la peur, la sidération à un regain d’enthousiasme militariste. D’autres guerres, elles, sont à peine nommées ou regardées. Si la guerre est une question économique et politique, elle est aussi une affaire d’affects, comme nous l’explique Déborah V. Brosteaux dans son ouvrage Les désirs guerriers de la modernité, issu en grande partie de sa thèse de doctorat en philosophie (ULB). Elle creuse l’ambivalence de nos rapports aux guerres à travers les 20 et 21e siècles, entre mise à distance et frénésie.