L’arrivée de ChatGPT pourrait avoir des effets plus ou moins importants sur le gain de productivité d’un ensemble de professions. Que ce gain – difficile à quantifier – soit utilisé en faveur des travailleur·ses n’est pas du tout garanti et moins encore sous forme de diminution du temps de travail. Décryptage de certains enjeux majeurs du développement des intelligences artificielles rédactionnelles à la lumière de révolutions technologiques du passé.
À la suite de nombreuses villes, Liège pourrait prochainement proposer une « carte citoyenne communale » à l’ensemble de sa population. En réflexion, le projet vise à développer une nouvelle forme de citoyenneté locale sur des fondements de solidarité et de participation sociale. Cet article revient sur l’origine des cartes locales, leur logique, mais aussi leurs perspectives et leurs limites.
Faire de l’ancienne prison de Forest un musée, c’est le projet de l’asbl 9 m2 composé de citoyen·nes, acteurs associatifs et du monde de la justice. L’objectif est de proposer un outil pédagogique et un espace de réflexion sur l’enfermement et le système pénal. Ce type d’initiative a déjà vu le jour dans les murs de la prison de Tongres entre 2005 et 2008.
Au plus fort de la crise de l’accueil qui culmine en 2015, des élans massifs de mobilisations citoyennes voient le jour. Des milliers de personnes se pressent pour accueillir – aux frontières et dans les gares – les rescapé·es des conflits militaires syriens. De tous les âges, ils ont été déracinés par la guerre et contraints à fuir leurs territoires vers des lieux sûrs. Leurs conditions, leurs histoires, leurs expériences vont frapper les imaginaires et bâtir les assises de solidarités d’une ampleur nouvelle.
Dans son nouvel essai, Francis Dupuis-Déri se penche sur les usages réactionnaires du « wokisme ». Après avoir travaillé sur les questions de démocratie, sur l’anarchie, mais aussi sur les masculinistes, il s’intéresse aujourd’hui aux pourfendeurs du wokisme qui accusent féministes et antiracistes d’exercer une « tyrannie wokiste » dans les universités, et au-delà. Une enquête indispensable à l’heure où les discours sur la « panique woke » occupent les tribunes médiatiques et politiques.
L'écriture inclusive suscite autant d'enthousiasme que de rejet ou de légitimes interrogations, tant sur son application que sur son utilité. Contrairement à ce qu'on laisse parfois entendre, elle ne se limite pas à l'usage du point médian. Au contraire, il existe plusieurs techniques qui visent à assurer une juste représentation des femmes dans les textes. Éclairage.
La mort de Georges Floyd en mai 2020, survenue à la suite d’un contrôle policier à Minneapolis, a provoqué une vague d’indignation dans le monde. Des manifestations pour dénoncer le racisme toujours bien présent dans nos sociétés ont éclaté un peu partout. La Belgique n’échappe pas à ce phénomène : la mort de Georges Floyd ravive des blessures et relance le débat sur le passé colonial de notre pays, donnant lieu à des rassemblements devant ses représentations dans l’espace public. Les manifestants et manifestantes réclament le déboulonnage des statues à l’effigie du roi Léopold II. En attendant que les choses bougent au niveau politique, les mouvements anti-racistes poursuivent leur mobilisation au moyen de parcours décoloniaux dans diverses villes du pays. Visite d’un d’entre eux dans la cité du Doudou.
La Belgique se distingue depuis plusieurs années par sa politique d’accueil qui porte atteinte à la dignité des personnes et est contraire à l’État de droit. Cette «crise de l’accueil» comme on l’appelle s’inscrit aussi dans une politique d’asile et de migration toujours plus restrictive, au niveau national et européen. À l’heure où l’Arizona s’apprête à lui donner un nouveau tour de vis, Démocratie fait le bilan de ces années de «non-accueil» – et plus largement des lignes rouges progressivement franchies en matière de politique migratoire–et esquisse quelques pistes de résistances.
Youri Vertongen, politologue à l’UCLouvain Saint-Louis, a retracé la manière dont des personnes sans papiers se constituent en sujets politiques et se mobilisent pour obtenir leur régularisation, des années 1970 à nos jours. À travers le cas de la Coordination des sans-papiers de Belgique (2014-2024), il analyse la nature des relations parfois conflictuelles entre les sans-papiers et les acteurs solidaires, mettant en avant ce qui se joue dans ces interactions. Sa recherche publiée en deux tomes aux éditions Academia offre une réflexion sur les questions de micropolitique au sein de ces mouvements sociaux.
Depuis sa mise en place en 2015 en Région bruxelloise, le parcours d’accueil des primo-arrivant·es est évalué annuellement par le CRAcs (Centre Régional d’Appui à la cohésion sociale). Son dernier rapport se penche sur l’utilité et l’impact du parcours dans l’installation des personnes primo-arrivantes, à partir d’entretiens réalisés avec 500 bénéficiaires. Des questions importantes à creuser – et à faire remonter aux autorités de la Cocof – d’autant plus que le parcours est devenu obligatoire à Bruxelles depuis le 1er juin 2022.