Au Nigéria, au Soudan du Sud, en Somalie et au Yémen, environ 20 millions de personnes sont menacées par la famine et risquent de mourir de faim. Parmi eux, 1,4 million d’enfants qui souffrent de malnutrition sévère. Le consortium 12-12 1 a tiré la sonnette d’alarme afin de ne pas revivre le même drame humanitaire que lors de la famine de 2011. Rencontre avec son président, Pierre Verbeeren, qui croit fermement en la générosité des donateurs et en la capacité de la communauté internationale à vaincre la crise.
L’Occident dénonce un Joseph Kabila qui s’accroche au pouvoir. Il est vrai que le droit du peuple congolais de choisir ses dirigeants ne peut être remis en cause. Rappeler ce droit ne dispense pourtant pas d’analyser les réalités, de tenter de voir clair dans les positionnements des uns et des autres, et de comprendre les jeux et enjeux des grandes puissances et/ou de pays voisins. Et la vraie question reste sans réponse : l’alternance, soit, mais pour quelle alternative ?
En janvier dernier, un groupe de douze représentant(e)s des différents services et organisations du MOC s’envolait pour le Brésil, à l’initiative de l’ONG Solidarité Mondiale. Ce voyage d’immersion était l’occasion pour eux de découvrir sur place le pays aux mille contrastes qu’est le Brésil. Mais également de voir comment, dans un pays dit « émergent », des initiatives de solidarité et de protection sociale pouvaient se mettre en place. La campagne de Solidarité Mondiale (et du CNCD) étant consacrée à cette question, l’occasion était belle pour le groupe de rencontrer un grand nombre de représentant(e)s d’organisations de travailleurs, de syndicats, d’organisations de jeunes et de femmes. Ces rencontres devaient permettre de comprendre le fonctionnement des syndicats brésiliens ainsi que l’importance du Parti des travailleurs (PT) et des présidences successives de Lula et de Dilma Roussef sur les mouvements sociaux. Il s’agissait également de se rendre compte des conditions de travail des femmes et des hommes rencontrés et leur action dans la construction d’un système social juste et solidaire. Récit de voyage en quelques photos tout en contraste.
Indépendant depuis 1821, le Guatemala a pourtant, dès la fin du 19e siècle, livré ses richesses naturelles aux intérêts étrangers. Face à cette voracité, la population locale, composée principalement de communautés mayas, organise sa résistance pour protéger ses traditions et sa terre. Avec l’aide de différents partenaires, elle tente de défendre ses droits sociaux les plus fondamentaux. Mais la partie est loin d’être gagnée...
Première femme Secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Rabiatou Sérah Diallo est un véritable personnage. Dans cette interview, elle revient sur son parcours syndical et sur son rôle dans la transition démocratique de la Guinée. Un pays qui, peu à peu, sort de ses turpitudes politiques. Toutefois, l’édifice construit reste très fragile. Plus que jamais, la vigilance des mouvements sociaux doit donc être de mise. Entretien.

1994-2014. Il y a vingt ans, le génocide des Tutsi au Rwanda redisait l’innommable dont les hommes sont capables. Cent jours de massacres, sous nos yeux, transformeront le pays en un immense charnier. Vingt ans, cela peut paraître une éternité. Et pourtant, ce n’est rien pour panser les plaies profondes laissées par un million de morts. Pardon et réconciliation demandent davantage de temps encore. Le Rwanda l’atteste au jour le jour. Retour sur les faits et perspectives.

Il y a six ans, l’élection de Barack Obama suscitait une vague d’espoir au niveau international et en particulier en Amérique latine. Après les années Bush, la région espérait des relations basées sur le respect mutuel. Barack Obama semblait initialement disposé à inscrire sa politique étrangère dans cette dynamique. Mais ce changement de cap ne s’est pas concrétisé. Déçus, les pays latino-américains ont été contraints de reconnaître la justesse de l’aphorisme de l’historien de la Grèce antique Thucydide : « Les grandes nations font ce qu’elles veulent, tandis que les petites nations acceptent ce qu’elles peuvent ».
La notion de «Sud global» s’est récemment invitée dans les discours politiques, médiatiques et savants sur l’état du monde. Qu’est-ce qui différencie les notions de « Sud global » et de « Sud » ? Le « Sud global » renvoie-t-il à un ensemble géographique ou à une perspective géopolitique différents de la notion de «Sud»? Les réponses à ces questions sont d’autant moins évidentes que le vocable en question est pris dans une lutte politique et intellectuelle.
En tant que professeur au Collège de France, Alain Supiot mène des recherches et enseigne l’« analyse juridique des solidarités » 1, établies principalement dans le cadre de l’État social et défiées aujourd’hui par la mondialisation. Son rapport pour la Commission européenne, « Transformations du travail et devenir du droit du travail en Europe » 2, fut réédité récemment. Rencontre, en marge d’une conférence à l’UCL 3 dont il est professeur honoris causa.